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Une étude récente du ministère de la Justice estime à
59 milliards de dollars par année le coût total des dépenses
attribuables aux actes criminels au Canada.
La criminalité constitue invariablement l'une des principales
sources de préoccupation locale. La prévention n'est donc
pas seulement l'affaire de la police : ça nous concerne tous! Impliquons-nous…
c'est un investissement sûr !
Vous vous demandez peut-être :
- par où commencer ?
- où cibler votre intervention ?
- que faire pour vous impliquer ?
Les conseils de prévention qui suivent vous aideront à répondre
à ces questions. Ils sont regroupés en quatre modules d'information :
Aller au cŒur du problème
Changer les choses
Suivre l'exemple
Investir à long terme
Aller au cŒur du problème
QU'EST-CE QUE LA PRÉVENTION DU CRIME PAR LE DÉVELOPPEMENT
SOCIAL ?
La prévention du crime par le développement social (PCDS) est
une stratégie qui permet de lutter contre les causes profondes de la
criminalité et de la victimisation. Il s'agit d'une approche
à long terme qui nécessite la mobilisation des forces vives d'une
communauté.
Tout acte criminel a des conséquences, d'abord pour la victime
puis sur son entourage et parfois même sur l'ensemble de la collectivité.
La façon la plus efficace - et la moins coûteuse -
de prévenir le crime, c'est d'intervenir tôt pour aider ceux qui
risquent de devenir des contrevenants ou des victimes.
QUELS SONT LES FACTEURS QUI PEUVENT AMENER QUELQU'UN À COMMETTRE
UN CRIME ?
Les causes de la criminalité sont complexes. On sait toutefois que la
combinaison de plusieurs facteurs peut amener un individu à commettre
des actes criminels. On les appelle les facteurs de risque. En voici quelques-uns :
Les facteurs de risque
- Pauvreté
- Compétences parentales inadéquates
- Toxicomanie et alcoolisme
- Décrochage scolaire
- Mauvais traitements
- Faible estime de soi
- Mauvaises fréquentations
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Changer les choses
C' EST À VOUS DE JOUER
En tant qu'entrepreneur, vous jouez un rôle économique et
social primordial dans le développement de votre collectivité.
Votre engagement peut contribuer à assurer une meilleure qualité
de vie aux membres de votre collectivité, par exemple dans la prévention
de la délinquance. Vous pouvez aussi vous-même en retirer des avantages
comme :
- un environnement social sécuritaire plus propice à la bonne
marche de vos affaires;
- une plus grande visibilité pour votre entreprise, votre marque ou
votre bannière;
- une bonne occasion d'agrandir votre réseau en vous faisant
de nouveaux amis ou clients;
- une reconnaissance sociale et de la notoriété;
- une appréciation de la part de vos employés. Les employés
perçoivent favorablement l'entrepreneur qui s'engage personnellement
à aider les plus démunis, d'où un renforcement
de leur sentiment d'appartenance et de fierté.
QUELQUES CONSEILS POUR VOUS IMPLIQUER DANS VOTRE COMMUNAUTÉ
Participez au financement de projets d'organismes de votre communauté.
Communiquez avec votre CLSC, votre centre communautaire, votre conseiller municipal,
vos députés ou avec les policiers de votre secteur pour connaître
les organismes qui ont besoin de vous pour vraiment changer les choses.
Soyez attentif à ce qui se passe dans votre communauté.
Consultez les hebdos régionaux pour connaître les projets de prévention
de votre quartier et offrez votre collaboration.
Mettez vos ressources au service de la communauté.
Votre implication peut parfois valoir davantage que votre contribution financière
aux yeux de votre entourage. Vous pouvez par exemple offrir votre expertise
ou encore faire partie du conseil d'administration d'un organisme
de votre quartier.
Parlez de prévention du crime aux membres des associations
auxquelles vous appartenez afin d'identifier comment vous pourriez agir
tous ensemble.
Sensibilisez vos employés. Utilisez des bulletins d'information,
des tableaux d'affichage, des réunions de groupe pour :
- les informer sur l'importance d'adopter ensemble une approche
communautaire en prévention du crime par le développement social;
- faire valoir les bons coups de vos employés dans ce domaine;
- faire connaître les organisations et initiatives qui existent et
encourager chacun à trouver celles qui lui conviennent;
- produire et diffuser des conseils sur la prévention de la criminalité.
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Suivre l'exemple
Cette section vous propose deux exemples de programme de prévention par
le développement social ainsi que des témoignages de participants.
Titre du programme
« Y'a quelqu'un l'aut'bord du mur »
Description
Certains marchands de la Promenade Ontario à Montréal se sont
réunis avec des intervenants sociaux. Leur projet crée de l'emploi
pour une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans qui nettoient les graffitis
qui détériorent l'environnement visuel du quartier.
Promoteur
Le promoteur principal du projet est la Société de développement
des affaires commerciales de la Promenade Ontario, (SIDAC) un organisme à
but non lucratif qui assure une présence active dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve
à Montréal. Il compte plus de 200 membres, des commerçants
et des professionnels.
TÉMOIGNAGES
Marie-Rose Gagné - Dollarama
Je voulais qu'on ait une meilleure qualité de vie dans le quartier.
Je me suis renseignée auprès de mon association de commerçants.
J'ai trouvé le programme « Y'a quelqu'un l'aut'bord
du mur ». Cela aide les jeunes et cela rend le quartier plus sécuritaire.
Ça, c'est nécessaire pour la bonne marche des affaires !
Pierre-André Jacob - Fleuriste
J'ai rencontré d'autres commerçants. J'ai
consulté des intervenants sociaux. Ensemble, on a créé
le programme « Y'a quelqu'un l'aut'bord du mur
». On donne de l'emploi à des jeunes de 16 à 25 ans
qui ont de la difficulté à s'intégrer dans la société.
Ils ont besoin de modèles positifs. En plus, je me suis fait de nouveaux
amis et des clients. Je participe vraiment au développement communautaire.
Roger Gallagher - Directeur général, SIDAC Promenade Ontario
C'est un programme prometteur. À long terme, il réduira
la criminalité. Nos jeunes développent des qualités qui
les aideront à occuper un emploi ou poursuivre leurs études, par
exemple, la ponctualité, la capacité de terminer une tâche
ou d'atteindre des objectifs. Ils travaillent. Ils nettoient et embellissent
le quartier. Ça favorise l'achalandage. Ça crée de
l'optimisme dans toute la collectivité.
Titre du programme
« Polyglobe », aussi appelé « L'école,
restez-y ! »
Description
Ce projet vise à lutter contre le décrochage scolaire qui touche
35 % des jeunes Montréalais. Des entreprises et organismes publics ou
parapublics accueillent des jeunes pour des stages ou des visites industrielles.
Cela leur permet de développer une nouvelle vision du monde, de créer
des liens, de vivre des expériences stimulantes et d'étoffer leur
curriculum vitae.
Promoteur
Le promoteur principal du projet est le Fonds Ville-Marie, mis sur pied en 1995
par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et la Ville
de Montréal. Le Fonds a pour objectifs de permettre l'utilisation d'un
pourcentage des bénéfices annuels de Stationnement de Montréal
pour réduire la pauvreté chez les jeunes, de contribuer à
la promotion et à l'avancement de l'éducation et de mettre en
oeuvre des programmes visant à prévenir et contrer le décrochage
scolaire. Pour chaque pièce de 25 sous déposée dans un
parcomètre, un sou est versé au Fonds Ville-Marie qui a consacré
plus de 1,8 million de dollars à des projets répondant à
sa mission, depuis 1995.
TÉMOIGNAGES
Mélanie Kau - Présidente, Mobilia
L'entourage d'un jeune, c'est important. Mon père
disait qu'on n'est jamais autre chose que la somme des influences
qu'on a reçues. Au secondaire, ce qui compte c'est l'opinion
des amis et de tout ce qui se passe en-dehors de la famille. Alors, le programme
Polyglobe essaie d'entourer nos jeunes d'influences positives. Il
leur redonne le goût d'apprendre. Il montre qu'avec un peu
d'efforts, nos rêves se réalisent. Ça peut faire la
différence entre un jeune qui va réussir sa vie ou un criminel.
Alcino Roque - CGI
Je parraine un jeune. Il vient ici. Je lui présente notre métier.
Il voit des adultes s'accomplir dans leur travail. Je crois que ça
peut lui donner le goût d'aller plus loin. Je ne m'attends
pas à des résultats demain matin… La prévention par
le développement social, c'est un investissement à long
terme. C'est ma façon à moi d'aider. J'encourage
ceux qui sont notre avenir.
Marie-Élaine Normandeau - Directrice, Fonds Ville-Marie
Depuis 2001, 1 330 jeunes Montréalais ont participé à
Polyglobe. Surtout des élèves de 3e et 4e secondaires. Ils viennent
d'écoles qui ont un taux de décrochage très élevé.
Les stages ont lieu l'été. Ils durent 60 heures environ.
Ça donne lieu à des situations gagnantes pour toutes les parties.
Les jeunes explorent un métier ou une profession. Les employeurs ont
la satisfaction de les aider.
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Investir à long terme
En mettant l'épaule à la roue, les chefs d'entreprise
tout comme les citoyens contribuent à l'émergence d'une
dynamique qui ne peut que rejaillir positivement sur l'ensemble de la collectivité.
Cependant, il faut du temps pour changer mentalités et comportements,
pour qu'un jeune s'accomplisse et prenne sa place en société
et pour constater une baisse de criminalité dans les collectivités
et les entreprises. C'est pourquoi il faut persévérer et
ne pas s'attendre à des résultats immédiats. La prévention
du crime par le développement social, c'est un investissement sûr…à
plus long terme.
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